L’ACI abaisse ses prévisions : ce que le recul canadien change — et ne change pas — pour les condos de Mirabel
L’Association canadienne de l’immobilier (ACI) a publié vendredi ses statistiques de septembre 2026, et le ton a changé : après quatre mois de progrès modestes, le marché de l’habitation canadien a fait un pas en arrière. L’ACI abaisse du même coup ses prévisions de ventes pour 2026 — pour un troisième trimestre de suite. Voici les chiffres, et surtout ce qu’ils signifient concrètement sur la Rive-Nord.
Un automne qui démarre au ralenti
Le recul des ventes s’explique d’abord par les taux : les taux hypothécaires fixes ont bondi récemment, et la Banque du Canada pourrait relever son taux directeur d’ici la fin de l’année. Les nouvelles inscriptions ont elles aussi reculé (−1,8 %), mais un peu moins vite que les ventes — l’offre demeure donc plus abondante que la demande dans plusieurs marchés. Plus de 200 000 propriétés étaient inscrites à la vente au pays à la fin de septembre, en hausse de 1,8 % sur un an.
Côté prix, l’Indice des prix des propriétés MLS® de l’ACI a reculé de 0,4 % en septembre et de 3,4 % sur un an — une baisse tirée surtout par l’Ontario et la Colombie-Britannique. L’ACI prévoit maintenant 444 530 ventes résidentielles en 2026, en baisse de 5,2 % par rapport à 2025, et un prix moyen national de 681 681 $ pour l’année, à peine 0,2 % de plus qu’en 2025.
« Après quatre mois de progrès modestes du côté de la demande, de l’offre et des prix, bon nombre de marchés immobiliers canadiens ont fait un pas en arrière en septembre. »
— Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI
Le Québec ne suit pas la même courbe
Le communiqué de l’ACI le souligne : pendant que les prix reculent en Ontario, les hausses de prix se poursuivent au Québec — elles ralentissent, mais elles ne se sont pas inversées. Le Baromètre APCIQ du 3e trimestre, publié le 14 octobre, va dans le même sens pour notre région : dans la RMR de Montréal, le prix médian d’un condo a atteint 435 000 $ (+2 %), et la Rive-Nord demeure un marché à l’avantage des vendeurs, alors que l’île de Montréal frôle l’équilibre. Autrement dit : le recul national ne se lit pas encore dans les prix des condos d’ici.
Ce que ça change pour vous
Si vous achetez : le vent national tourne en votre faveur — le président de l’ACI note que les acheteurs pourraient profiter d’un plus grand choix de propriétés et d’un meilleur pouvoir de négociation. Mais deux gestes comptent plus que jamais :
- Préqualifiez-vous maintenant : avec des taux fixes qui bougent rapidement, la capacité d’emprunt calculée aujourd’hui n’est pas garantie demain. Une préqualification à jour verrouille votre budget — et rend votre offre plus solide face au vendeur.
- Négociez les conditions, pas seulement le prix : délais, inclusions, réparations — dans un marché qui s’équilibre, les vendeurs écoutent davantage ce qui entoure le prix.
Si vous vendez : « Pour les vendeurs, il sera d’autant plus important de bien réfléchir aux prix à demander », prévient le président de l’ACI, Garry Bhaura. Sur la Rive-Nord, la demande tient encore — mais les acheteurs comparent plus qu’avant. Un prix juste dès le départ attire les offres; un prix gonflé les fait fuir, et les baisses tardives coûtent presque toujours plus cher que le bon prix du premier jour.
Le prochain rendez-vous : l’ACI publiera ses statistiques d’octobre le mardi 17 novembre. D’ici là, c’est le suivi des ventes à Mirabel même — immeuble par immeuble — qui dira si le vent national finit par traverser la rivière des Mille Îles.
Sources : Association canadienne de l’immobilier (ACI), communiqué du 16 octobre 2026 (statistiques de septembre 2026); APCIQ, Baromètre du marché résidentiel du 3e trimestre 2026, 14 octobre 2026.